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Accueil du site > Infos pratiques > Rémunérations | 12 septembre 2014

La paupérisation des fonctionnaires

Sans évolution de la grille, le SMIC talonnera le bas de la catégorie B en 2015 et celui de la catégorie A d’ici 2017.

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Rémunération des fonctionnaires en berne !

Les hasards du calendrier ont voulu que la remise du rapport Pêcheur sur la rémunération des fonctionnaires (4 novembre 2013) coïncide avec la publication par un cabinet privé de son étude annuelle sur la rémunération des patrons des 120 plus grosses sociétés françaises. Le second a évidemment reçu moins de publicité que le premier.

C’est dommage, parce qu’on y apprend que ces dirigeants ont vu leur rémunération moyenne augmenter de plus de 6% en 2012 pour se situer entre 2 et 5 millions d’Euros par an. Encore plus instructif, ce même rapport évalue le « maximum de rémunération socialement acceptable » (sic) à 240 fois le SMIC. Est‐ce vraiment « socialement acceptable », quant on sait que ce sont les mêmes qui pèsent de tout leur poids à la baisse des salaires et des cotisations (qualifiées pour la circonstance de « charges »), et qui n’hésitent pas à licencier massivement lorsque les profits de leurs entreprises ne sont pas à la hauteur des attentes des actionnaires ?

La comparaison est intéressante avec les données du rapport Pêcheur. Celui‐ci constate que, dans la fonction publique, l’éventail des rémunérations est actuellement de 4,85 entre le minimum de traitement et la hors échelle G (sommet de la grille fonction publique). Soit cinquante fois moins que ce qui est indiqué plus haut. Pêcheur constate que cet éventail ne cesse en outre de se refermer, par un mouvement de « tassement général de la grille » et « d’érosion de la hiérarchie des salaires ». En effet, la valeur du point d’indice étant bloquée depuis plusieurs années, le pied de grille est régulièrement dépassé par le SMIC qui, lui, est revalorisé chaque année. Pour éviter cette anomalie, des points indiciaires sont régulièrement ajoutés au pied de la grille, sans élever d’autant le haut de celle‐ci.

Si la tendance se poursuit, le rapport prévoit que, « sans évolution de la grille, le SMIC talonnera le bas de la catégorie B en 2015 et celui de la catégorie A d’ici 2017 ». Autrement dit, la perspective qui nous semble tracée est : tous les fonctionnaires au SMIC !

Pour tenter de contenir la colère que devrait faire naître cette situation, les politiques néolibérales à l’oeuvre utilisent deux stratagèmes : • le développement des primes dans la part de la rémunération globale. Pour être « efficaces » celles‐ci doivent être attribuées « au mérite », révisables et instaurer la concurrence entre les personnes. • la facilitation de l’accès au crédit, qui peut donner l’illusion de disposer de pouvoir d’achat sans salaire. On a vu ce qu’a produit la libéralisation de l’accès au crédit immobilier aux Etats Unis.

Dans les deux cas, il s’agit de solutions qui favorisent l’individualisme et font éclater les solidarités. Pour renverser la tendance, c’est évidemment de l’inverse dont nous avons besoin. C’est aussi à cela que servent les organisations syndicales.


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